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Très chouette Ornette

12 oct

Le 26 septembre, avec Marco Paulette, nous étions au Pompon pour écouter Ornette en concert.

D’Ornette, nous aimions Crazy, nous aimions aussi cette fille très blonde et un peu wild, nous aimions enfin cette parisienne à la voix chaude mais aux allures de filles venues des pays (très) froids.

Ce jour là, Ornette – Bettina Kee de son vrai nom – fêtait la sortie de son 1er album Crazy. Elle avait sorti son habit de lumière (entendez de patineuse artistique), ses collants dépareillés (une jambe bleue, une jambe verte) et un sourire plus grand qu’elle. Elle accueillait les Pomponiens à l’extérieur. Pour dire vrai, elle était assaillie si bien que nous nous repliames au bar.

Avec Marco Paulette, on révise un peu :

Si on lui avait dit qu’un jour, elle sortirait un album en tant que chanteuse, Ornette n’y aurait pas cru. Pianiste brillante, elle était celle qui, jusqu’ici, composait, arrangeait, accompagnait les autres… Et restait un peu dans l’ombre.Ornette grandit dans une famille d’artistes, comédiens et chanteurs, mais choisit le piano pour s’approprier un territoire vierge, bien à elle. Au conservatoire, elle enchaîne les cours de solfège, d’harmonie, d’orchestration… Et se passionne peu à peu pour le jazz, ses dissonances et ses improvisations.

A 25 ans, c’est donc munie d’un solide bagage qu’elle fait ses premières armes de professionnelle, derrière les claviers d’Alain Bashung, de Doriand ou d’Arthur H (avec qui elle interprète, sur scène, le cultissime La Rivière Sans Retour). Côté personnel, elle fait partie du trio MOP qui sort, en 2004, un album de jazz instrumental salué par la critique, et récidive quatre ans plus tard, version Electric Mop. Quand elle chante sur leur titre Jacqueline, c’est le déclic : « au Conservatoire, je n’avais jamais « travaillé » ma voix, contrairement au piano que j’ai du maîtriser après de nombreuses années d’étude. En chantant, j’ai donc ressenti un plaisir direct, absolument pas cérébral. Je me suis dit que je ne pouvais pas passer à côté. »

Ornette écrit donc ses premiers morceaux en solo. De petites pièces qui allient la mélancolie du blues à l’efficacité de la pop : « j’ai été très surprise de chanter sur des accords très simples, et d’aimer ça. C’était très libérateur de se dire ‘ok, j’ai appris plein de choses, mais maintenant, je vais juste à l’essentiel de la sensation’. » Elle ne confie qu’à une seule personne la tâche délicate d’étoffer ses morceaux sans les alourdir : Emiliano Turi, son complice de toujours sur Mop et Electric Mop, qui devient cette fois le réalisateur de son album. Pari réussi.

A propos de son album Crazy elle indique : « j’avais envie que l’album soit assez feutré, mais un peu rugueux. Pas question que ce soit trop propre. » Normal quand, dans son panthéon personnel, on compte Théolonious Monk, Beck, Jack White, Dusty Springfield ou Björk, des artistes qui tous, ont su être à la fois accessibles et audacieux. Résultat : des cuivres qui assombrissent le romantique There’s A Man, l’urgence un peu grave des couplets de The Lion and The Doll, ou le piano brinquebalant de Totta’s Unicorn. Et un album qui rejoint ceux de Feist, Dido, Kate Nash ou The Bird and The Bee, au rang des dignes représentants d’une pop moderne, féminine et racée. « Quand je suis sur scène, c’est comme si je faisais la même impro tous les soirs. Chanter me procure le même plaisir, instinctif et immédiat. »

Nous avons a peine le temps de finir notre bachottage que la voilà qui descend pour se visser derrière son clavier et nous enchanter d’un Crazy médusant. La (petite) salle capitonnée du Pompon était bondée. L’atmosphère est digne de celle des grands artistes. Personne ne moufte. Tout le monde attend celle que l’on nous vante désormais comme la révélation de l’année. Intimidée, Ornette n’en délivre pas moins un opus pop mélant groove et soul.

On aime sa fraicheur (malgré la salle empreinte d’une étouffante chaleur humaine). Malheureusement, nous n’avons pu tout voir. Trop de monde. Trop chaud. Trop soif. Trop de choses à se raconter.Et c’est désormais sur Deezer que je continue à Ornettée. En boucle. Et on n’oublie pas pour autant sa Juliette de 70 ans : son clavier Wurlitzer qui ne la quitte jamais.

Ses prochains concerts :

- 28 octobre aux Primeurs de Massy (91)

- 2 novembre au Café de la Danse à Paris

- 4 novembre à la Clef St Germain (78)

- 5 novembre au Fuzz Yon à La Roche sur Yon (85)

- 25 novembre au Cap à Aulnay sous bois (93)

 

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